Kęstutis Budrys à Bruxelles : combien de temps encore les discussions resteront-elles sans résultat car l’Ukraine a besoin d’une certitude d’action
Le 15 juillet à Bruxelles, le ministre lituanien des Affaires étrangères Kęstutis Budrys a participé au Conseil des affaires étrangères de l'UE (CAE), qui a discuté des mesures visant à accroître la pression sur la Russie et le soutien à l’Ukraine, de la situation en Géorgie et au Moyen-Orient, du Partenariat Sud de l’UE et de la coopération avec les pays de la Méditerranée.
En marge du Conseil, la ministre a eu des rencontres bilatérales avec les ministres des Affaires étrangères de Palestine et de Syrie, ainsi que le commissaire européen Maroš Šefčovič en charge du commerce et de la sécurité économique de l’UE. Le chef de la diplomatie lituanienne a participé à un petit-déjeuner de travail des ministres des Affaires étrangères de l’UE avec le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Moldavie Mihai Popșoi.
Lors d’une séance consacrée au soutien à l’Ukraine, le ministre a souligné l’absence d’une certitude d’action de l’UE nécessaire à l’Ukraine qui se défend contre l’agression russe.
« Combien de temps pourrons-nous poursuivre les mêmes discussions sans résultats ? Si les drones et les missiles du Kremlin qui attaquent les civils en Ukraine ne nous encouragent pas à adopter le 18e paquet de sanctions de l’UE, peut-être que les États-Unis le feront », a déclaré K. Budrys.
Selon le ministre, l’annonce par le Président Donald Trump d’un délai de 50 jours pour imposer des sanctions secondaires de 100 % sur les exportations de pétrole russe en l’absence de cessez-le-feu envoie un message à l’Europe. Le plan « RePowerEU » de la Commission, qui prévoit un renoncement complet des importations de pétrole et de gaz russes par l’UE, doit être accéléré si les pays européens qui dépendent encore de l’énergie russe ne veulent pas être affectés par les sanctions secondaires américaines. Le ministre a également appelé au lancement d’un 19e paquet de sanctions de l’UE et à l’imposition de droits de douane à la Russie et à la Biélorussie sur des groupes de produits clés qui n’ont pas encore fait l’objet de sanctions de la part de l’UE.
Kęstutis Budrys a demandé que le premier groupe de chapitres de négociation soit ouvert le plus rapidement possible dans les négociations pour l’adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie à l’UE. Le ministre a également exprimé le soutien de la Lituanie à la Moldavie dans la lutte contre les menaces hybrides de la Russie avant les prochaines élections législatives. En réponse aux attaques hybrides du Kremlin visant à influencer le référendum européen de l’année dernière et les élections présidentielles en Moldavie, notre pays a considérablement augmenté son soutien pour renforcer la résilience moldave, la cybersécurité, la communication stratégique et la lutte contre la désinformation.
Concernant la réponse de l’UE à la grave situation humanitaire dans la bande de Gaza, le ministre a souligné le soutien de la Lituanie au dialogue que la Haute représentante de l’UE, Kaja Kallas, mène actuellement avec Israël sur l’amélioration de la situation humanitaire. Selon K. Budrys, il est nécessaire de poursuivre les mesures diplomatiques et d’exhorter Israël à mettre en œuvre et contrôler la mise en œuvre des engagements pris pour assurer l’accès de l’aide humanitaire à la population vivant à Gaza.
Le chef de la diplomatie lituanienne a également abordé la situation dans la bande de Gaza avec le ministre palestinien des Affaires étrangères et de la Diaspora Varsen Aghabekian. Selon le ministre, la Lituanie soutient la solution des deux États, qui est le seul moyen de parvenir à une paix durable dans la région du Proche-Orient. Kęstutis Budrys a appelé toutes les parties à respecter le droit humanitaire, à libérer immédiatement les citoyens israéliens retenus en otage et à revenir à la pleine application de l’accord de cessez-le-feu.
La rencontre bilatérale avec le ministre syrien des Affaires étrangères et de la Diaspora Asaad Hassan al-Shaibani a porté sur la mise en œuvre de réformes politiques visant à supprimer l’héritage du régime d’Assad. Le ministre K. Budrys a exprimé le soutien de la Lituanie au nouveau gouvernement syrien et a souligné qu’il s’attendait à ce qu’il ne poursuive pas la politique d’Assad en fermant les bases militaires russes sur le territoire syrien, en ne reconnaissant pas les formations séparatistes contrôlées par la Russie en Ukraine et en Géorgie, et à s’assurant qu’Assad, qui se cache en Russie, et les hauts fonctionnaires de son régime soient poursuivis en justice par le biais des mécanismes internationaux.
À la veille du Conseil commercial de l’UE, le ministre K. Budrys et Maroš Šefčovič, commissaire européen au commerce et à la sécurité économique, ont discuté des préparatifs du sommet UE-Chine qui se tiendra à Pékin à la fin du mois de juillet, et ont souligné les pratiques commerciales déloyales de la Chine vis-à-vis des États membres de l'UE, ainsi que la nécessité d’une réponse ciblée de la part de la Commission européenne.