La protection des civils lors des conflits représente toujours un défi pour les missions de maintien de la paix de l’ONU
La Lituanie qui, au mois de janvier, préside le Conseil de sécurité de l’ONU, a organisé des débats publics sur la protection des civils axés sur la mise en œuvre efficace des mandats en matière de la protection des civils lors des opérations de maintien de la paix de l’ONU. Les discussions ont été organisées pour marquer le 15ème anniversaire de l’implication de l’ONU dans la protection des civils au cours des conflits armés.
Selon les dires de Raimonda Murmokaitė, ambassadrice et représentante permanente de la Lituanie auprès des Nations Unies : « la plus grande responsabilité dans la protections des civils incombe aux gouvernements nationaux. Les forces de maintien de la paix aident l’Etat qui les reçoit mais ne peux se substituer à lui ».
L’ambassadrice a attiré l’attention sur le fait que 15 ans après l’engagement pris par l’ONU de mettre en œuvre le mandat de protection des civils, un écart reste toujours entre les désirs et la réalité. Les civils subissent les violences liées aux conflits, qui de plus en plus souvent sont intentionnels et cinglants.
L’ambassadrice a souligné qu’en raison du caractère variable des missions de maintien de la paix il faut trouver les meilleurs moyens de mettre en œuvre les mandats de protection des civils et pour chaque situation identifier les démarches les plus appropriées.
R. Murmokaitė a également mis en avant le lien entre la protection des civils et la nécessité de faire disparaître l’impunité. Selon Murmokaitė, « l’assurance de responsabilité est un moyen dissuasif en lui-même et un important facteur de la réussite de la mission de protection des civils ». De plus, elle a accentué le fait qu’il était très important de créer des institutions et de renforcer l’état de droit afin de traiter les questions de justice et de responsabilité. « Le Conseil doit souligner que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les violations des droits de l’homme seront punis. Les responsables des crimes de guerre et ceux qui ont commis des attaques et des meurtres contre le personnel médical et humanitaire ainsi que contre les journalistes et les casques bleus doivent savoir qu’ils ne vont pas échapper à la justice », a-t-elle dit.
Aujourd’hui 9 opérations de maintien de paix sur 15 ou bien 95% des forces de maintien de paix ont le mandat de « protection des civils sous la menace imminente de violences physiques » et d’utilisation d’autres mesures en vue de protéger les civils.
Lors des débats, plus de 60 Etats membres de l’ONU ont exprimé leurs avis sur le mandat de protection des civils au cours des missions de maintien de la paix de l’ONU. Les participants à la réunion ont également entendu les exposés du Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme, du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, du Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence ainsi que du Directeur général du Comité international de la Croix-Rouge.