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VILNIUS, LA BAROQUE: ENTRE L'ORIENT ET L'OCCIDENT (Côtéloisirs.com, novembre 2008)

Capitale européenne de la culture en 2009, cette ville au patrimoine exceptionnel fut longtemps considérée comme la Rome du Nord ou la Jérusalem de Lituanie. C’est aussi là qu’est né le grand Romain Gary et qu’une petite République libre vit dans un courant alternatif.

Catherine GARY

epuis la cathédrale, la rue Pilies grimpe en direction de la Porte de l’Aurore, au cœur de la vieille ville. Il fait un peu frais ce dimanche matin et, sous le ciel d’un bleu électrique, l’or des clochers à bulbe brille déjà sous les premiers rayons. Les cloches carillonnent à tout va. Un concert, une symphonie, avec, aux commandes, plus de quarante églises à travers la ville. Et pas seulement des Catholiques et des Protestantes.

Ici, on vit dans un joyeux mélange des genres où les Orthodoxes jouent aussi leur partie. Sans oublier, les synagogues, plus discrètes. On pousse la porte d’une église russe, Saint-Michel, attiré par la beauté des  chants et les parfums d’encens. Plus loin, l’église Sainte-Anne, la doyenne de Vilnius, dresse sa façade gothique de briques savamment travaillées.
Et partout, des tours, des clochers, des flèches décorées, des coupoles… On n’en finirait pas de décrire les beautés du plus grand centre ville baroque d’Europe Centrale et Orientale. De ses églises mais aussi de ses palais et maisons ornés de stucs jaunes, bleu pâle, vieux rose, violet léger qui donnent aux rues un air de fraîcheur et de gaieté. Quelle balade !
Sur les trottoirs, les vendeurs d’ambre ont déballé leurs marchandises et les flâneurs se penchent sur les colliers, les bagues, les bracelets de cette résine dorée dont la mer baltique a le secret. Difficile de résister à ces tentations qui ont aussi, paraît-il, des vertus  soignantes et réconfortantes…
Un peu partout, des terrasses animées. On se réchauffe d’une vodka locale avant de se régaler, dans une des nombreuses tavernes, d’un cepelinai ou d’un bortsch et de viande fumée accompagnée du savoureux pain noir local.

Effervescence artistique


Mais la beauté minérale de la ville n’est pas son seul attrait. Il suffit d’une visite à l’université pour se faire une idée de la vie culturelle qui règne ici. Une université qui date du XVIè siècle et qui a accueilli les esprits les plus brillants d’Europe durant des décennies. Et puis, c’est à Vilnius qu’a vu le jour un certain Romain Kacew, dit Gary, dit Emile Ajar ! Un sacré personnage.
Un petit garçon en bronze serrant une galoche contre son cœur rappelle, devant sa maison natale, un souvenirs d’enfance de La Promesse de l’aube, quand, pour séduire sa voisine Valentine, il mangea sa chaussure en caoutchouc…
A Vilnius encore est née, après le départ des Soviétiques, la République libre d’Uzupis. Dans ce vieux quartier autrefois décrépit, à proximité de la vieille ville, comme à Montmartre les artistes ont jeté leur dévolu dans les caves et les greniers. C’est ainsi que s’est créée une véritable effervescence artistique et bohème qui a, comme il se doit en république, ses lois et sa Constitution.
On entre dans les ateliers et les galeries, on s’attable aux tavernes, on se promène à travers le méandre des ruelles dans une ambiance alternative et gaie. Et on découvre, au hasard d’un mur, la Déclaration de leurs droits de l’homme affichée en plusieurs langues : « L’Homme a le droit de mourir mais ce n’est pas un devoir » ou bien « Tout Homme a le droit d’être naïf et de ne rien comprendre du tout »…

Une reconnaissance... culturelle Le 31 décembre prochain commencent les réjouissances pour cette année 2009 ou Vilnius devient Capitale européenne de la culture. Au pied de la colline du Grand Duc Gediminas, qui, en 1323, fut à l’origine de la prospérité du pays. C’est Gert Hof qui sera chargé des illuminations de la ville. Un metteur en scène connu pour des célébrations d’envergure à Pékin, Athènes et Berlin.
Le 1er janvier, aura lieu un immense carnaval au cours duquel les organisateurs présenteront leurs programmes artistiques, culturels et musicaux. Avec un maître mot : Culture Live, une culture vivante et bouillonnante à laquelle les amateurs seront aussi conviés durant toute l’année !